Nos émotions nous veulent du bien

Par Sylvie 8 septembre 2015
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Les trois émotions de base
Certains courants de psychologie et de techniques de communication, à commencer par l’Analyse Transactionnelle, partent du principe que nos émotions nous veulent du bien. Plus nous sommes en contact avec elles et plus nous sommes dans la pensée claire, en mesure de prendre des décisions aussi sereinement et efficacement que possible et de suivre son chemin.

Les émotions: des porteuses de messages à décrypter
Cette conception, à laquelle j’adhère totalement, nécessite cependant selon moi deux conditions:
– admettre que nos émotions, même les plus difficiles, aient une information à nous communiquer et donc une utilité ;
–  savoir alors décrypter cette information.
La première étape consiste en quelque sorte à réhabiliter les émotions (et en particulier bien sûr les plus désagréables d’entres elles), j’ai nommé la peur, la tristesse et la colère.
Distinguer émotion et sentiment
Une petite précision sémantique pour commencer: la plupart des théoriciens des émotions s’accorde sur le fait qu’il existe quatre émotions dites de base: la colère, la joie, la peur et la tristesse. Certains y ajoutent le dégôut mais nous ne l’évoquerons pas ici. Les autres termes  susceptibles d’être utilisés pour exprimer un ressenti (haine, jalousie, culpabilité, amour, trahison, etc….) sont considérés soit comme étant des déclinaisons de ces émotions de base, soit comme désignant plutôt un sentiment, c’est-à-dire une émotion qui serait passée par le filtre de notre pensée, de notre mental pour être transformée en quelque chose de plus complexe, de plus subtil. En d’autres termes, quand on parle des émotions, on évoque ce qu’il y a de plus instinctif en nous et qui se traduit par une réaction psychologique mais aussi physiologique : rougir, pâlir, palpitations, etc….
En effet, les émotions appartiennent à la mémoire archaïque de notre être, elles sont innées et générées automatiquement par la partie la plus primitive, reptilienne, limbique de notre cerveau. Evidemment, la nature de l’émotion qui va s’exprimer va dépendre du sens que nous attribuons à ce que nous percevons d’une situation. Ainsi, selon notre perception, nous serons confrontés soit à des émotions ressources (les plus agréables) soit à des émotions limitantes vécues comme insatisfaisantes ou douloureuses.
Un système archaïque mais subtil
Mais ce n’est pas parce que les émotions appartiennent à notre système primitif qu’il faut les considérer comme des éléments primaires incompatibles avec l’être humain contemporain et son évolution. Bien au contraire ! Car les émotions sont aussi et surtout une énergie qui fonctionne sur le même mode qu’un signal, nous prévenant de quelque chose en nous. Et comme n’importe quelle énergie, les émotions ignorées ou refoulées vont intensifier leur expression jusqu’à nous envahir totalement et éventuellement finir par nous déborder, nous faisant du même coup vivre ce que nous cherchions à tout prix à éviter en les masquant: la perte du contrôle ! Il est donc plus pertinent d’envisager les émotions comme des messagers dont il convient de décoder les messages.

Quels sont les messages de nos émotions de base ?

C’est là l’objet de la seconde étape celle du décodage lors de laquelle la pratique de la sophrologie pourra être d’une grande aide.

La colère: cette émotion indique en général qu’une règle a été transgressée, qu’une limite a été franchie. Il est alors important de déterminer de quelle limite il s’agit. Le plus souvent, c’est une de nos valeurs qui est en jeu. Ainsi, une colère que l’on ressentirait contre quelqu’un arrivant en retard à un rendez-vous pourra exprimer l’importance que nous accordons à la ponctualité faisant partie pour nous de la valeur respect. Bien entendu, plus la colère est grande, plus elle indique soit l’importance de la valeur non respectée, soit l’ampleur de la transgression.

Mais il faut aller plus loin: si une limite a pu être franchie, c’est peut-être quelle n’a pas été assez clairement exprimée. Peut-être est-il alors nécessaire de refaire le point là-dessus : savez-vous clairement où sont vos limites et quelles sont celles qui ne doivent pas être franchies ?

A cet égard, le travail que permet la sophrologie et notamment la relaxation dynamique sur le schéma corporel pourra être très utile pour nous aider à définir plus clairement nos limites.

Ensuite, il est tout aussi important de réfléchir à la réponse à apporter à la transgression mais qui serait cette fois une réponse rationnelle et non une réaction émotionnelle. Pour reprendre l’exemple du retard, cela pourrait consister à informer son interlocuteur qu’en cas de retard de plus de 15 minutes sans prévenir, le rendez-vous sera considéré comme annulé. Les pratiques de respiration et de relaxation faciliteront cette prise de recul.

La peur: d’un point de vue très archaïque, la peur signifie qu’il y a danger. C’est d’ailleurs l’émotion la plus impliquée dans les fameux instincts de survie et de conservation. C’est la peur qui nous permet de fuir ou de nous mettre en mode combat. Mais sur un plan plus subtil, cela peut signifier que nous ne sommes pas assez préparé face à une situation possible (un examen, un changement important, etc…) ou que nous devons nous protéger (soit physiquement en cas de menaces réelles, soit psychologiquement).

Il est alors important de décortiquer la situation stressante afin de déterminer ce qui exactement fait peur. Prenons l’exemple d’une peur ressentie à la perspective d’une opération chirurgicale: certains seront effrayés par l’anesthésie (peur de ne pas se réveiller ou au contraire de ne pas être totalement endormi pendant l’intervention), d’autres craindront de souffrir après l’opération, d’autres encore de contracter une infection, bref, chacun aura une perception différente de la situation et générera une peur en lien avec son histoire, son vécu. Seule une évaluation détaillée permettra de poser les réponses adaptées.

Dans un second temps, une préparation grâce à des exercices de visualisation par exemple aidera à mettre en place le processus du coping mis à jour par les neurosciences.

La tristesse: cette troisième des quatre émotions de base accompagne souvent un sentiment de vide et vient nous alerter sur une perte et donc un deuilà faire (un prochain article sera d’ailleurs consacré à la courbe du deuil). Dans les moments de tristesse, il est important de pouvoir identifier ce que nous pensons avoir perdu afin de déterminer comment combler le vide laissé. Pourtant, il n’est pas rare qu’une tristesse soit masquée par une bonne dose de colère, un peu comme si nous voulions nous protéger de la douleur de la perte en s’anesthésiant avec l’énergie de la colère. Bien qu’efficace à court terme, cette tentative est vaine: non seulement la souffrance sera toujours là mais son expression risque d’être d’autant plus douloureuse qu’elle aura été longtemps contenue.

Comme n’importe quelle autre émotions, la tristesse, lorsqu’elle est présente, se doit d’être pleinement accueillie. Le moment venu, elle pourra être transformée en une nouvelle énergie grâce à la réactivation des ressources positives.

Je terminerai par la plus belle de ces quatre émotions: la joie. Elle aussi a un message à nous adresser: celui de l’amour, de la vitalité, du bonheur. La joie nous invite au lâcher-prise, à profiter de l’instant présent, au ressourcement. C’est une émotion à recevoir sans limite ni condition, sans inhibition ni gêne. Notez ce qui vous met en joie, de la situation la plus anodine à l’événement le plus important, respirez cette joie, au sens propre comme figuré, ancrez la en vous et pensez à régulièrement vous procurer ces moments.

La sophrologie est donc un excellent moyen de nous réconcilier avec ces messagers qui au fond ne nous veulent que du bien. Grâce à ses diverses techniques, la sophrologie nous permet à la fois d’accéder en douceur à nos émotions difficiles pour mieux les comprendre et en même temps de cultiver à l’infini nos émotions positives ressourçantes.

Comment faire ?

Et vous, où en êtes-vous avec vos émotions ? Commencez par être présent à vous-même et à laisser une place à l’émotion qui est là. Puis, tâchez de l’identifier parmi les quatre émotions de base et soyez attentif à ce qu’elle a à vous indiquer en vous aidant des pistes de décryptage révélées ci-dessus. En laissant sa place à l’émotion, vous réaliserez qu’elle perd automatiquement de sa force et de son intensité. La souffrance que l’on ressent est bien souvent beaucoup plus liée à l’énergie que l’on met à résister à une émotion qu’à l’émotion elle-même.

 

Sylvie Renoulet
Fondatrice de Sophrolia
Consultations de sophrologie à Sélestat et Colmar
Formation de sophrologue en Alsace

 

 

 

 

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